Chômeurs intermittents : un pas de plus vers la pauvreté

Suite au décret du 31 mars 2021, le gouvernement a mis en application sa réforme de l’assurance chômage. Cette modification a fait objet d’une première annulation en décembre 2020 par le Conseil d’État et finalement acceptée en décembre 2021 malgré l’opposition des principaux syndicats de salariés. Elle s’est déployée en deux temps.

Ce qui a changé au 1er octobre 2021 :

1. Le calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR)

Les indemnités seront calculées en divisant les salaires perçus par le nombre de jours calendaires et non plus par le nombre de jours travaillés. À titre d’exemple, une personne qui percevait 985€ pendant 8 mois avant la réforme va actuellement en percevoir 667€ pendant 14 mois. (attention aux contrats courts type 1 journée par ci par là). Sur cette base 1,15 million de personnes verront leurs allocations baisser.

2. Baisse des allocations pour les salaires supérieurs à 4 500€

Pour les salaires supérieurs à 4500€ brut mensuel (Cadres), une baisse de 30 % de leurs allocations est prévue à partir du 7ème mois. Cela pourrait laisser présager la mise en place d’une dégressivité généralisée.

Ce qui a changé au 1er décembre 2021 :

3. Six mois au lieu de quatre pour toucher ses droits

Il faudra avoir travaillé au moins 6 mois ou 910h dans les 24 derniers mois au lieu 4 mois dans les 28 derniers mois pour avoir accès à l’allocation chômage.

4. Le droit au rechargement est de fait supprimé

Pour recharger ses droits, il faudra avoir travaillé 6 mois ou 910h contre 1 mois ou 150h auparavant.

5. Renforcement des contrôles à la demande du Président de la République

Stigmatisant une fois de plus les demandeurs d’emploi, le Président de la République, en exigeant un renforcement des contrôles , veut faire des chômeurs les responsables de leur situation et donner à penser qu’ils seraient par nature des profiteurs ! Nous rappelons que seul 48 % des personnes en situation de chômage perçoivent des allocations.

L’association de Chômeurs et Précaires continue à demander avec tous les syndicats salariés, le retrait total des dispositions de ce décret qui, en rendant plus difficile l’accès à des allocations chômage réduites, ne peut qu’accroître la pauvreté des plus précaires de nos concitoyennes et concitoyens.

Mathieu Grégoire (sociologue, Revue de Sciences sociales) écrit :

«  Le transformer [le SRJ] déstabilise ainsi l’ensemble du dispositif et génère des situations qui sont aberrantes au regard des objectifs affichés par cette réforme, mais aussi au regard de la mission même de l’assurance chômage, voire de la plus élémentaire logique économique. »

 

Chômeurs et Précaires, nous devons rester mobiliser contre cette nouvelle atteinte à nos droits !